Le gouvernement fédéral a confirmé la hausse de la TVA à 12 % sur une large partie des plats à emporter et livrés à partir de mars 2026. Derrière cette mesure technique, l’impact est très concret : un repas à emporter – pizza, frites, sushis ou plat préparé frais – coûtera plus cher pour le consommateur et réduira encore les marges d’un secteur Horeca déjà sous pression. Comprendre précisément le champ d’application de cette hausse est essentiel pour adapter la politique de prix, la communication et la rentabilité des établissements.
Une hausse ciblée : focus sur la règle des 2 jours
La nouvelle réglementation vise les plats à emporter et livrés qui présentent une durée de conservation de maximum deux jours. Concrètement, un plat frais préparé aujourd’hui pour être consommé dans les 24 à 48 heures entre dans le champ et sera soumis au taux de 12 %. À l’inverse, les produits qui se conservent plus de 48 heures, comme les pizzas surgelées, lasagnes surgelées ou autres préparations longues conservation, restent soumis au taux de 6 %. Certaines catégories, comme les viennoiseries, devraient également rester en dehors de cette augmentation. Ce critère de conservation devient donc un élément clé pour classifier correctement les produits, ajuster les fiches techniques et sécuriser la position fiscale de l’établissement.
Un contexte sensible pour l’Horeca
Pour le secteur Horeca, cette décision intervient dans un climat déjà tendu : hausse des coûts de l’énergie, des matières premières, des salaires et pression concurrentielle des acteurs de la livraison. La multiplication des offres take-away et delivery faisait partie des réponses stratégiques du secteur, mais l’augmentation de la TVA à 12 % réduit la marge de manœuvre. Le message des fédérations professionnelles est clair : c’est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des consommateurs et un coup supplémentaire pour de nombreuses entreprises. En parallèle, les professionnels apprécient toutefois la clarification des règles : une définition plus précise permet à chacun de savoir « à quoi s’en tenir », d’anticiper et de limiter les risques de redressement.
Implications pratiques pour les établissements et les commerces
Pour les restaurants, snacks, traiteurs et commerces de détail proposant des plats préparés, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de revoir la classification TVA des produits en fonction de leur durée réelle de conservation, en documentant clairement les recettes, les méthodes de préparation et les conditions de stockage. Ensuite, il faudra adapter la politique de prix pour tenir compte de la hausse de TVA, sans détériorer excessivement l’accessibilité de l’offre. Les supermarchés qui vendent des plats prêts à consommer sont également concernés, en particulier pour les rayons frais et les corners traiteur. À l’inverse, les produits longue conservation restent à 6 %, ce qui peut influencer la structuration de la gamme et le positionnement des produits.
Transformer la hausse de TVA en opportunité
Dans ce contexte de reclassement TVA et de hausse ciblée sur certains produits, il devient crucial pour les acteurs de l’Horeca et du commerce alimentaire d’anticiper l’impact sur leur rentabilité, leur politique tarifaire et leur communication client. Une analyse détaillée de l’offre, de la durée de conservation des produits et de leur traitement TVA permet de sécuriser la conformité tout en limitant les effets négatifs sur le résultat.
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