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Récentes modifications fiscales : ce qui change pour les particuliers en 2026

Les dernières décisions fiscales fédérales auront un impact concret sur de nombreux contribuables belges, en particulier les propriétaires immobiliers, les donateurs et les personnes qui versent des rentes alimentaires. Plusieurs avantages fiscaux bien connus seront réduits ou supprimés dans les prochaines années, souvent sans mesures transitoires. Il est donc essentiel d’anticiper leurs effets sur votre budget et votre planification financière.

Fin de la déduction des intérêts (y compris prêts verts)

À partir de l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025), la déduction fiscale des intérêts des prêts (notamment hypothécaires) dans l’impôt des personnes physiques sera supprimée. Cette suppression vise tant les nouveaux prêts que les prêts existants, sans période transitoire.

Concrètement, les propriétaires d’un ou plusieurs biens immobiliers (en plus de leur habitation propre) ne pourront plus tenir compte fiscalement des intérêts payés. L’impact sera d’autant plus marqué que le montant des intérêts et le revenu cadastral sont élevés. Pour les investisseurs immobiliers, il s’agit d’un changement structurel du rendement net après impôts.

Dons : avantage fiscal réduit et seuil figé

L’avantage fiscal lié aux dons à des institutions agréées sera revu à la baisse : la réduction d’impôt passera de 45 % à 30 %.

Aucune mesure transitoire n’étant prévue, cette diminution s’appliquera rétroactivement à tous les dons effectués à partir du 1ᵉʳ janvier 2025.

Par ailleurs, le montant minimal pour bénéficier de la réduction d’impôt (actuellement 40 €) ne sera plus indexé jusqu’en 2030. En pratique, le seuil nominal reste inchangé, mais perd progressivement de sa valeur réelle. Les contribuables généreux verront donc l’incitant fiscal s’éroder, sans pour autant que leur effort financier diminue.

Véhicules hybrides : un calendrier de déductibilité à surveiller

Un nouveau calendrier de déductibilité fiscale est instauré pour les véhicules hybrides détenus par des personnes physiques (les sociétés ne sont pas concernées par ce régime précis). La déductibilité resterait possible pour les véhicules hybrides achetés, loués ou pris en leasing jusqu’à fin 2027. Elle deviendrait ensuite dégressive pour les véhicules acquis jusqu’en 2029. Pour tout achat à partir de 2030, la déduction ne serait plus possible.

Pour les indépendants et professions libérales qui utilisent un véhicule hybride dans le cadre de leur activité, ce calendrier joue un rôle clé dans le choix du moment d’achat ou de renouvellement.

Rentes alimentaires : une déduction progressivement réduite

Jusqu’à présent, les rentes alimentaires répondaient à un mécanisme bien établi :

  • déductibles à 80 % dans le chef du débiteur (sous conditions légales)
  • imposables à 80 % dans le chef du bénéficiaire.

Ce régime est désormais revu à la baisse, par étapes, sans mesures transitoires pour les conventions existantes.

Le pourcentage de déduction (et la part imposable) évoluera comme suit :

  • À partir de 2025 :

    • déduction portée de 80 % à 70 % pour les rentes « payées ou attribuées » à partir du 1ᵉʳ janvier 2025, liées à une période imposable se terminant après le 31 décembre 2025.

    Pour la plupart des contribuables dont l’exercice coïncide avec l’année civile, cette réduction s’appliquera donc déjà aux revenus 2025 (exercice d’imposition 2026).

  • À partir de 2026 :

    • déduction ramenée de 70 % à 60 % pour les rentes payées ou attribuées à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.

    La date de paiement devient alors déterminante. Un versement effectué le 31 décembre 2025 ouvre encore le droit à une déduction de 70 %, tandis que le même paiement réalisé le 1ᵉʳ janvier 2026 ne sera plus déductible qu’à 60 %.

  • À partir de 2027 :

    • déduction réduite de 60 % à 50 % pour les rentes payées ou attribuées à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.

    L’objectif est ensuite de stabiliser la déduction à ce niveau de 50 %, avec une imposition symétrique de 50 % chez le bénéficiaire.

Le législateur reconnaît que le niveau de déductibilité peut influencer la fixation de la rente, mais n’organise pas de mécanisme spécifique d’adaptation pour les décisions ou conventions antérieures. Cela soulève des questions en matière de prévisibilité de la loi fiscale, en particulier pour les rentes fixées avant ces modifications.

Bénéficiaires hors EEE : plus de déduction possible

Dernier point important : le nouveau régime limite la déduction aux situations où le bénéficiaire de la rente alimentaire réside dans l’Espace économique européen (EEE).

En miroir, lorsque le bénéficiaire n’est pas résident de l’EEE, les rentes ne sont plus imposables dans son chef. Cette modification s’accompagne d’une adaptation annoncée du précompte professionnel prélevé sur ces rentes versées à des non-résidents, avec la possibilité de réclamer le remboursement de précomptes indûment retenus.

Cette partie du régime entrera en vigueur le dernier jour du mois de publication de la loi au Moniteur belge, et s’appliquera aux périodes imposables se terminant après cette date, soit en pratique à partir des revenus 2026 pour la plupart des contribuables.

BCGFi à vos côtés pour anticiper ces changements fiscaux

Ces différentes mesures modifient en profondeur la manière dont les intérêts, les dons, les véhicules hybrides et les rentes alimentaires sont traités fiscalement. Pour évaluer l’impact sur votre situation personnelle et ajuster vos décisions (investissements, dons, conventions de rentes, choix de véhicule), BCGFi se tient à vos côtés pour analyser vos chiffres et vous aider à prendre les bonnes décisions au bon moment.

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