À partir de 2026, la Belgique accélère le verdissement fiscal de la mobilité. L’objectif est clair : orienter les choix vers des véhicules à faibles ou zéro émissions, et réduire progressivement les avantages fiscaux liés aux véhicules plus polluants.
Dans le même temps, le législateur admet que le 100 % électrique ne répond pas encore à tous les besoins, notamment quand l’accès aux bornes reste compliqué ou que certains usages professionnels exigent une grande autonomie. C’est pourquoi un régime transitoire a été prévu pour les hybrides rechargeables, mais avec une limite importante : il vise uniquement les indépendants en personnes physiques.
Un régime transitoire… réservé aux indépendants (personnes physiques)
Première précision essentielle : les règles transitoires décrites ci-dessous concernent exclusivement l’impôt des personnes physiques. Elles ne s’appliquent pas aux sociétés.
Pour un indépendant, l’hybride rechargeable conserve donc, sous conditions, une déductibilité encore relativement intéressante sur les frais liés au véhicule (hors carburant). Pour les véhicules achetés, loués ou pris en leasing entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2027, la déductibilité des frais professionnels reste plafonnée à 75 %. Ensuite, le régime se durcit : une acquisition en 2028 limite la déduction à 65 %, puis à 57,5 % en 2029. À partir du 1er janvier 2030, la déductibilité disparaît complètement.
Un point d’attention mérite toutefois d’être souligné : les hybrides rechargeables très peu émetteurs (maximum 50 g de CO₂/km) peuvent encore bénéficier d’un taux supérieur à 75 %, pouvant atteindre 95 % ou 100 % selon l’année d’acquisition. Autrement dit, tous les hybrides rechargeables ne sont pas logés à la même enseigne : le niveau d’émission reste un critère déterminant.
Carburant : la rupture dès 2026, même pour l’hybride
Là où le changement est net, c’est sur les frais de carburant. Jusqu’ici, l’essence ou le diesel restaient partiellement déductibles pour certains véhicules acquis jusqu’au 31 décembre 2025, selon une logique de dégressivité.
Mais à partir du 1er janvier 2026, le message est beaucoup plus strict : pour tous les véhicules achetés à partir de cette date, les frais d’essence ou de diesel ne sont plus déductibles, y compris pour les hybrides rechargeables. Cela change concrètement l’arbitrage économique de nombreux profils qui comptaient encore “sécuriser” une partie de la fiscalité via un hybride.
À l’inverse, l’électricité est clairement favorisée. Les frais de recharge électrique restent un levier fiscal important : pour les hybrides rechargeables achetés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025, ces frais sont déductibles à 100 %. Pour les véhicules acquis à partir de 2026, la déduction s’aligne sur le régime des véhicules zéro émission : 100 % en 2026, puis 95 % en 2027, 90 % en 2028, 82,5 % en 2029, 75 % en 2030, et 67,5 % à partir de 2031.
Enfin, une autre évolution passe parfois sous le radar : la clause de protection qui garantissait une déduction minimale pour les véhicules plus anciens est progressivement réduite. Elle diminue de 5 % par an, jusqu’à atteindre une déduction minimale de 50 % à partir de l’exercice d’imposition 2031.
Sociétés : à partir de 2026, l’hybride rechargeable perd son intérêt fiscal
Pour les sociétés, le virage est beaucoup plus radical. À compter du 1er janvier 2026, les nouveaux véhicules qui émettent du CO₂ ne donnent plus droit à une déduction fiscale, même si les émissions sont faibles, et même s’il s’agit d’un hybride rechargeable.
Concrètement, seuls les véhicules 100 % électriques (zéro émission) restent fiscalement déductibles. La règle vaut quel que soit le type de carburant ou le niveau d’émission : le critère déterminant devient le zéro émission.
La conclusion est donc simple : dès 2026, l’hybride rechargeable n’est plus fiscalement pertinent en société. Toute stratégie de renouvellement de flotte, de leasing ou de car policy doit intégrer ce changement, sous peine de générer un coût fiscal nettement plus élevé qu’anticipé.
Véhicules électriques : le “bon timing” avant fin 2026
Le législateur conserve toutefois un avantage fort pour l’électrique, avec un enjeu de calendrier très concret. Les véhicules 100 % électriques achetés, pris en leasing ou en location jusqu’au 31 décembre 2026 inclus restent déductibles à 100 %, et ce taux reste applicable pendant toute la durée d’utilisation du véhicule par le même contribuable.
À partir de 2027, la déductibilité diminue selon l’année d’acquisition : 95 % en 2027, 90 % en 2028, 82,5 % en 2029, 75 % en 2030, puis 67,5 % à partir de 2031.
Autrement dit, acheter ou louer un véhicule électrique avant fin 2026 permet de “figer” une déduction de 100 % sur le long terme. Dans un contexte de transition fiscale rapide, cette fenêtre peut peser lourd dans une décision d’investissement.
BCGFi à vos côtés pour anticiper ces changements fiscaux
Ces nouvelles règles renforcent une réalité : le bon choix de véhicule dépend désormais du statut (personne physique ou société), de la date d’acquisition, et de l’usage réel (carburant, recharge, kilométrage, émissions). Une décision prise “à l’intuition” peut devenir coûteuse à moyen terme.
En pratique, avant tout achat ou leasing, une analyse fiscale préalable permet d’éviter les mauvaises surprises et d’aligner mobilité, budget et optimisation. Chez BCGFi, nous vous aidons à clarifier le scénario le plus pertinent et à sécuriser votre décision en fonction de votre situation.