Réforme IPP — Saga, 2e épisode : crédit hypothécaire, ces avantages fiscaux qui s’effacent

Après un premier épisode consacré à la fin progressive des réductions d’impôt (à relire ici), la saga sur la réforme de l’IPP se poursuit avec un sujet qui touche directement le portefeuille de nombreux ménages : la fiscalité du crédit hypothécaire. L’année 2025 marque un véritable tournant. Après plusieurs réformes régionales successives, de nouvelles mesures réduisent encore les avantages liés aux emprunts immobiliers. Que vous soyez propriétaire, investisseur ou futur acquéreur, ces changements méritent toute votre attention.

La fin du Chèque Habitat wallon

Introduit en 2016, le Chèque Habitat constituait l’un des principaux avantages fiscaux accordés aux Wallons qui finançaient leur habitation propre par un crédit hypothécaire. À partir du 1er janvier 2025, ce régime disparaît pour les nouveaux emprunts : les crédits conclus à compter de cette date n’y donneront plus droit, même si toutes les autres conditions sont remplies. Bonne nouvelle toutefois, les contribuables qui en bénéficiaient déjà avant le 31 décembre 2024 conservent leurs droits selon les règles en vigueur lors de la conclusion de leur crédit.

La prudence reste de mise pour les refinancements. Si certaines opérations permettaient jusqu’ici de maintenir l’avantage existant, la suppression du Chèque Habitat impose désormais d’analyser les conséquences avec davantage d’attention. Les situations de divorce, de sortie d’indivision ou de reprise d’encours sont devenues plus complexes et appellent souvent une analyse personnalisée. Avant toute signature, il est vivement recommandé de vérifier l’impact fiscal global de l’opération.

Investisseurs immobiliers : la fin de la déduction des intérêts

La suppression du Chèque Habitat a beaucoup retenu l’attention, mais une autre mesure, plus discrète, pourrait peser encore plus lourd. À partir des revenus 2025 (déclaration 2026), la déduction des intérêts d’emprunt disparaît pour les biens autres que l’habitation propre : biens mis en location, immeubles de rapport, secondes résidences et acquisitions réalisées à titre d’investissement. Là où ces intérêts pouvaient, sous conditions, réduire la base imposable, cette possibilité s’efface. Pour de nombreux investisseurs, cela se traduit par une hausse de la charge fiscale et une rentabilité nette amoindrie, rendant l’analyse financière préalable plus indispensable que jamais.

Un patchwork régional à décrypter

La fiscalité des crédits hypothécaires est devenue un véritable patchwork régional. En Wallonie, le Chèque Habitat reste applicable aux crédits conclus jusqu’au 31 décembre 2024, mais plus aux nouveaux ; les anciens régimes (Bonus Logement et dispositifs transitoires) continuent toutefois de produire leurs effets pour ceux qui y avaient déjà droit. En Flandre, le Bonus Logement a été supprimé depuis plusieurs années pour les nouveaux emprunts, le régime historique restant acquis aux bénéficiaires existants. À Bruxelles, le Bonus Logement n’est plus accessible et la Région privilégie désormais les réductions de droits d’enregistrement à l’achat.

Le constat est clair : les avantages fiscaux liés aux crédits hypothécaires se réduisent partout en Belgique. Cela ne rend pas un projet immobilier moins intéressant, mais déplace l’analyse vers des critères concrets : le coût réel du financement, la capacité de remboursement, la rentabilité du projet, les éventuelles économies de droits d’enregistrement et les conséquences fiscales à long terme. Les choix immobiliers doivent donc être guidés davantage par des considérations économiques que par la seule optique fiscale.

Faites analyser votre projet avant de vous engager

Chaque projet immobilier est unique. Un refinancement, une reprise d’emprunt, une acquisition locative ou l’achat d’une nouvelle habitation peuvent entraîner des conséquences fiscales très différentes selon votre situation personnelle et la date de votre crédit. Réalisée en amont, une analyse préalable permet souvent d’éviter les mauvaises surprises et d’optimiser durablement votre situation. Vous avez un projet immobilier en 2026 ? Nos experts BCGFi examinent avec vous les impacts fiscaux et financiers afin de vous permettre de décider en toute sérénité.

Règlement de travail 2026 : du changement pour les PME

Le règlement de travail n’est pas un document figé : il encadre la relation entre employeur et travailleurs et doit évoluer au rythme de la législation. En 2026, le gouvernement fédéral poursuit la modernisation du droit du travail, avec plusieurs échéances qui obligent les employeurs à revoir leur règlement. Tour d’horizon des changements à anticiper, éclairé par l’expertise de notre partenaire Légal PME.

Ce qui change déjà depuis janvier 2026

Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs dispositions relatives aux incapacités de travail doivent figurer dans votre règlement. La dispense de certificat médical pour le premier jour d’absence est désormais limitée à deux fois par an (contre trois auparavant), même si les entreprises de moins de 50 travailleurs peuvent prévoir une dérogation. Le délai de rechute passe de 14 jours à huit semaines : le salaire garanti n’est plus dû si le travailleur retombe en incapacité durant cette période, sauf nouvelle incapacité. Enfin, une disposition obligatoire impose de préciser les modalités de contact avec le travailleur en incapacité — qui prend contact, et à quelle fréquence.

Les réformes attendues d’ici fin 2026

D’autres mesures, plus structurelles, se profilent pour le second semestre. Un projet de loi, dont les effets sur le règlement de travail sont reportés au 1er juin 2026 (sous réserve), prévoit de lever l’interdiction générale du travail de nuit tout en conservant sa définition actuelle (entre 20h et 6h). Son introduction se fera par convention collective ou par modification du règlement, cette dernière voie n’étant ouverte qu’en l’absence de délégation syndicale. Le même texte assouplit la gestion des horaires : pour les temps plein, un cadre général suffira désormais, à condition de préciser :

  • Les jours de la semaine où le travail peut être presté
  • La plage horaire concernée
  • Les durées minimale et maximale du travail journalier
  • Les durées normale et maximale du travail hebdomadaire

Les travailleurs à temps partiel à horaire variable restent soumis à la mention complète de tous leurs horaires. Enfin, à partir du 16 décembre 2026, le recours à des enquêteurs privés pour surveiller un travailleur ne sera autorisé que si le règlement le prévoit explicitement, en détaillant les modalités de mise en œuvre.

Sécurisez votre mise en conformité avec Légal PME

Entre dispositions déjà applicables et réformes encore mouvantes, la mise à jour d’un règlement de travail demande méthode et veille juridique. C’est précisément le métier de Légal PME, notre partenaire spécialisé en conseils juridiques, qui accompagne les entreprises dans l’adaptation de leurs documents sociaux en toute sérénité. S’appuyer sur cette expertise, c’est s’assurer un règlement conforme et à jour sans y consacrer un temps précieux.

En résumé, 2026 multiplie les échéances : nouvelles règles sur les incapacités, réforme du travail de nuit, assouplissement des horaires et encadrement des enquêtes internes. Notez ces dates dans vos agendas et anticipez chaque adaptation pour rester serein. Chez BCGFi, nous faisons le lien entre votre gestion quotidienne et les bons partenaires juridiques comme Légal PME : contactez-nous pour adapter votre règlement de travail en toute confiance.

Fin du SESAM : place à l’Incitant Job Plus dès le 1er juillet

La réforme wallonne des aides à l’emploi franchit une étape décisive. Dès le 1er juillet 2026, le dispositif SESAM laissera définitivement place à l’Incitant Job Plus, un nouveau soutien unique à l’embauche géré par le Forem — un changement que tout employeur wallon a intérêt à anticiper.

Une réforme déjà engagée depuis janvier 2026

La transition vers le nouveau régime n’a rien d’une surprise. Les premières modifications sont entrées en vigueur dès le 1er janvier 2026 pour les nouvelles demandes SESAM. Là où un candidat pouvait auparavant être inscrit au Forem depuis un seul jour, il doit désormais justifier d’une inscription d’au moins quatre mois. La durée maximale de l’aide a par ailleurs été ramenée à douze mois pour les demandes introduites depuis le début de l’année.

Pour les employeurs, le message est clair. Ceux qui bénéficient aujourd’hui d’une aide SESAM conservent leurs droits jusqu’au terme prévu dans leur décision d’octroi, avec une échéance maximale fixée au 31 décembre 2029. En revanche, à partir du 1er juillet 2026, plus aucune nouvelle demande SESAM ne pourra être introduite.

Job Plus : une aide unique et plus ciblée

L’Incitant Job Plus a vocation à remplacer plusieurs dispositifs existants, parmi lesquels SESAM, certaines aides Impulsion, le SINE et le Tremplin 24 mois+. Il s’adresse aux employeurs des secteurs marchand et non marchand disposant d’une unité d’établissement en Wallonie de langue française. Les demandes s’introduiront via le compte entreprise du Forem, qui vérifiera l’éligibilité du candidat avant l’engagement.

Sur le plan financier, l’aide se veut substantielle et prend la forme d’une intervention forfaitaire :

  • 1.000 € par mois pour un travailleur occupé à temps plein ;
  • 200 € supplémentaires par mois pour les entreprises de moins de 20 ETP.

Accordée pour une durée de 12 à 36 mois selon le profil recruté, l’aide peut représenter un soutien total de plus de 36.000 €, voire 43.000 € pour les plus petites structures. Les montants sont réduits proportionnellement en cas d’occupation à temps partiel.

Des conditions d’accès renforcées

Si l’aide demeure attractive, son accès sera nettement plus encadré que sous l’ancien régime. Du côté du travailleur, plusieurs critères devront être réunis :

  • être inscrit comme chercheur d’emploi au Forem ;
  • avoir sa résidence principale en Wallonie de langue française ;
  • justifier d’une inscription au Forem de 4, 12 ou 24 mois selon sa situation ;
  • appartenir à une catégorie de bénéficiaires visée par la réglementation.

L’employeur, de son côté, devra proposer un contrat d’au moins trois mois et une occupation au minimum à mi-temps. L’aide ciblera donc prioritairement les profils les plus éloignés du marché de l’emploi.

Préparer sereinement la transition avec BCGFi

En résumé, le 1er juillet 2026 marquera la disparition définitive du SESAM au profit d’un incitant unique, plus généreux mais aussi plus sélectif. Les aides en cours restent garanties jusqu’à leur terme, tandis que les futures embauches devront s’inscrire dans le cadre de Job Plus. Pour anticiper ces changements, vérifier l’éligibilité de vos candidats et optimiser vos aides à l’embauche, les experts de BCGFi vous accompagnent à chaque étape de votre stratégie de recrutement.