Réforme IPP – Saga 1er épisode : la fin des réductions

La réforme fiscale liée à l’IPP 2026 (revenus 2025) modifie sensiblement plusieurs mécanismes qui, jusqu’ici, allégeaient l’impôt via des déductions (qui réduisent la base imposable) ou des réductions d’impôt (qui diminuent directement l’impôt dû). Pour de nombreux ménages, l’effet sera concret : à situation identique, l’avantage fiscal diminue, parfois dès 2025, parfois de façon progressive jusqu’en 2029.Voici un tour d’horizon clair des principales mesures, avec des exemples chiffrés.

Pension alimentaire : une déduction de moins en moins favorable

Jusqu’à présent, la pension alimentaire versée ouvrait droit à une déduction importante. La réforme prévoit une réduction progressive du pourcentage déductible.

Année de revenus % déductible
2024 (IPP 2025) 80%
2025 (IPP 2026) 70%
2026 (IPP 2027) 60%
2027+ (IPP 2028) 50%

Exemple concret

Pour une pension alimentaire de 12.000 € par an :

Année de revenus Montant déductible
2024 9.600 €
2025 8.400 €
2026 7.200 €
2027+ 6.000 €

Perte fiscale approximative (tranche d’imposition à 50%)

À titre indicatif, la perte d’avantage fiscal (par rapport à l’ancien système) peut se chiffrer comme suit :

Année de revenus Perte vs ancien système
2025 ± 600 €
2026 ± 1.200 €
2027+ ± 1.800 €

En pratique, plus le taux marginal d’imposition est élevé, plus l’impact peut être sensible.

Dons : baisse immédiate de la réduction d’impôt

Autre changement marquant : la réduction d’impôt sur les dons baisse fortement dès l’IPP 2026.

Année de revenus Réduction d’impôt
2024 (IPP 2025) 45%
2025 (IPP 2026) 30%

Exemple concret

Don Avant réforme Après réforme
1.000 € Réduction de 450 € Réduction de 300 €

Cela représente une perte immédiate de 150 € d’avantage fiscal par tranche de 1.000 € donnés.

Quotient conjugal : un avantage qui se réduit progressivement

Le quotient conjugal permettait, dans certains cas, de transférer une partie des revenus professionnels vers le conjoint (ou la conjointe) ayant peu ou pas de revenus, afin de lisser l’imposition du ménage.

Avant réforme (2024-2025)

  • Transfert possible : jusqu’à 30% des revenus professionnels
  • Plafond transférable : ± 13.000 € (indexés)
Situation Gain annuel approximatif
Couple avec un seul revenu moyen 1.500 à 2.500 €
Revenu élevé Jusqu’à 3.500 €

Après réforme

La mesure ne disparaît pas du jour au lendemain, mais une réduction progressive est annoncée jusqu’en 2029.

Période Tendance
2025-2026 Maintien partiel
2027-2029 Réduction progressive importante
Après 2029 Avantage fortement limité

Le message est clair : les ménages à un seul revenu risquent, progressivement, d’être davantage taxés.

Allocations de chômage : réduction d’impôt en voie de disparition

Jusqu’ici, les allocations de chômage bénéficiaient d’une réduction d’impôt qui limitait la taxation effective.

Après réforme, la trajectoire annoncée est une diminution graduelle, avec une suppression largement envisagée à terme :

Période Évolution
2025 Début de réduction
2026-2029 Diminution progressive
Après 2029 Suppression largement envisagée

Impact estimé : une hausse d’impôt annuelle entre 200 € et 1.000 €, selon le niveau d’allocations.

Pensions élevées : une réduction d’impôt moins généreuse

Les pensions (notamment les plus élevées) bénéficiaient d’un régime de réduction jugé favorable. La réforme durcit progressivement ce mécanisme.

Période Évolution
2025 Réduction diminuée
2026-2029 Durcissement progressif

L’impact avancé se situerait entre 300 € et 1.500 € par an pour les pensions les plus élevées.

IPP 2026 : suppression de plusieurs réductions d’impôt fédérales

Dernier bloc de changements : certaines réductions d’impôt fédérales sont purement et simplement supprimées à partir de l’IPP 2026.

Employé·e de maison : réduction supprimée

Avant réforme (IPP 2025 – revenus 2024) :

  • réduction d’impôt de 30%
  • sur un maximum de 5.000 € de dépenses admises
  • gain maximal : 1.500 €

Après réforme (IPP 2026 – revenus 2025) : suppression complète.

Impact Avant Après
Gain maximal Jusqu’à 1.500 € 0 €

Protection juridique : avantage supprimé

Avant :

  • réduction d’impôt de 40%
  • plafond de prime : ± 330 €
  • gain maximal : 132 €

Après (IPP 2026) : suppression.

Prime annuelle Avant Après
330 € Réduction de 132 € 0 €

Borne de recharge à domicile : suppression complète

Avant réforme, la réduction dépendait de l’année de paiement :

Année du paiement Réduction
2022 45%
2023 30%
2024 15%

Plafonds évoqués :

  • 1.750 € par borne
  • jusqu’à 8.000 € pour une borne bidirectionnelle

Après réforme (IPP 2026) : suppression complète.

Exemple : installation à 1.500 €

Avant : réduction jusque 675 € (au taux 45%)

Après : 0 €

Habitations basse énergie / passives / zéro énergie : fin des codes IPP concernés

L’avantage fédéral pour certains logements très performants (souvent étalé sur plusieurs années) serait supprimé via la suppression des codes IPP correspondants. Concrètement, les nouveaux dossiers ne bénéficieraient plus de cet avantage fiscal fédéral.

Adoption : suppression complète

Avant :

  • réduction de 20% des dépenses admises
  • plafond : 4.000 € par procédure
  • gain maximal : 800 €

Après réforme (IPP 2026) : suppression complète.

Dépenses d’adoption Avant Après
4.000 € Réduction de 800 € 0 €

Anticiper l’impact pour éviter les mauvaises surprises

Entre la baisse de certaines réductions (dons), la diminution de déductions (pension alimentaire) et la suppression pure et simple de plusieurs avantages (employé·e de maison, protection juridique, bornes, adoption…), la réforme peut modifier l’équilibre fiscal de nombreux ménages dès l’IPP 2026.

En synthèse

Cette réforme combine des effets immédiats (comme les dons) et des ajustements progressifs (quotient conjugal, chômage, pensions), mais avec une logique constante : plusieurs avantages fiscaux deviennent moins généreux ou disparaissent. Pour les contribuables concernés, l’enjeu est de mesurer l’impact réel sur la déclaration et d’adapter, si nécessaire, certains choix (dons, dépenses ouvrant droit à réduction, planification familiale et patrimoniale) en fonction des nouvelles règles.

Pour faire le point sur votre situation et vérifier les conséquences concrètes de ces changements, vous pouvez vous appuyer sur les services de BCGFi.

Droits d’auteur 2026 : du changement pour les créatifs… et pour l’IT

À partir de 2026, le régime fiscal des droits d’auteur évolue à nouveau. Sur le papier, il reste attractif — notamment grâce au taux distinct de 15 % et à l’absence de cotisations sociales — mais son accès devient plus encadré et, surtout, l’avantage fiscal se réduit sensiblement pour une grande partie des bénéficiaires. La nouveauté la plus commentée concerne l’informatique : les logiciels et le code redeviennent officiellement éligibles. Attention toutefois, il ne s’agit pas d’un retour au système « large » d’avant 2022.

Un régime toujours intéressant, mais moins généreux

Le principe de base ne change pas : les revenus qualifiés en droits d’auteur restent taxés comme des revenus mobiliers, au taux de 15 %, sans cotisations sociales, et dans la limite d’un plafond annuel indexé. Par comparaison avec une rémunération classique, soumise à l’impôt progressif, aux cotisations sociales et parfois à des charges patronales, l’écart peut encore être significatif.

Mais la réforme 2026 touche au cœur de l’optimisation : les frais forfaitaires qui réduisaient fortement la base imposable sont appelés à disparaître pour la majorité des contribuables. En pratique, cela signifie que le taux de 15 % s’appliquera sur une base plus élevée, et que le gain fiscal sera mécaniquement moins important.

La disparition des frais forfaitaires : l’impact concret

Jusqu’ici, le régime s’appuyait sur un mécanisme de frais forfaitaires particulièrement avantageux : 50 % sur une première tranche, puis 25 % sur la tranche suivante. Ces frais diminuaient la base taxable, ce qui permettait une imposition effective parfois étonnamment basse.

Prenons un exemple simple avec 10.000 € de droits d’auteur. Avant 2026, grâce aux frais forfaitaires, la base imposable pouvait tomber autour de 5.000 €, et l’impôt de 15 % se limiter à environ 750 €, soit un coût fiscal réel proche de 7,5 % du montant brut.

À partir de 2026, pour la plupart des bénéficiaires, ces frais forfaitaires ne s’appliqueraient plus. Sur le même exemple de 10.000 €, l’impôt grimperait alors à environ 1.500 €, ce qui revient à doubler le coût fiscal par rapport à l’ancien système.

Le régime reste favorable, mais il perd une partie de ce qui faisait sa puissance.

À qui profiteront encore les forfaits… et qui y perdra ?

La réforme introduit un clivage plus net. Les frais forfaitaires seraient principalement réservés aux personnes disposant d’une attestation du travail des arts (« ordinaire ») ou d’une attestation « arts plus ». Autrement dit, le régime redeviendrait sensiblement plus avantageux pour des profils artistiques et culturels reconnus : artistes, auteurs, professions du spectacle et, plus largement, certains créateurs au sens strict.

À l’inverse, de nombreux profils « techniques » — notamment en IT, mais aussi des consultants, formateurs, indépendants techniques ou créateurs digitaux — conserveraient potentiellement l’accès au taux de 15 %, mais sans la réduction de base imposable liée aux forfaits. Le dispositif devient donc moins uniforme et demande une analyse au cas par cas.

Le retour de l’IT : une bonne nouvelle… sous conditions

L’autre changement majeur est la réintégration officielle des logiciels et du code informatique dans le régime des droits d’auteur. Les revenus liés au développement logiciel, au code source, aux applications, modules, développements spécifiques ou créations informatiques originales redeviennent éligibles. Après plusieurs années d’incertitude, c’est un signal important pour le secteur.

Mais ce retour ne signifie pas un assouplissement général. L’administration fiscale continue d’exiger des éléments solides : une œuvre originale, une cession ou licence de droits clairement établie, une exploitation effective, et une justification économique crédible. Le point le plus sensible — particulièrement en informatique — reste la notion de diffusion ou de communication au public.

En clair, un développement purement interne, conçu pour un client unique et non réutilisé, peut être plus difficile à défendre. À l’inverse, les dossiers les plus robustes sont souvent ceux où l’on peut démontrer une logique réelle de diffusion, d’exploitation et de réutilisation : logiciels vendus à plusieurs clients, plateformes SaaS, applications accessibles à plusieurs utilisateurs, modules réutilisables, frameworks diffusés, ou encore contenus techniques largement exploités.

Autre repère fréquemment retenu dans la pratique : la règle des ±30 %. L’idée est qu’une part raisonnable de la rémunération totale peut être structurée en droits d’auteur, souvent jusqu’à environ 30 %, le solde restant une rémunération « classique ». Dépasser ces proportions augmente le risque de requalification et attire davantage l’attention en cas de contrôle.

En résumé

La réforme 2026 change la logique du régime : il reste intéressant, mais devient moins généreux lorsque les frais forfaitaires ne s’appliquent plus. Les conditions d’accès et le niveau de contrôle restent élevés, et la qualité de la documentation — contrats, preuves d’originalité, modalités d’exploitation, éléments de diffusion — devient plus déterminante que jamais.

Anticiper et sécuriser vos opérations avec BCGFi

Dans ce nouveau cadre, l’enjeu n’est plus seulement de « bénéficier » du régime, mais de le structurer de manière défendable : qualification des revenus, rédaction contractuelle, proportion entre salaire et droits, preuve de l’exploitation et, en IT, argumentation autour de la diffusion.

Dans ce contexte compliqué, BCGFi se tient plus que jamais à vos côtés pour décrypter ces mesures, sécuriser votre situation et renforcer votre stratégie financière dans la durée.

Conservation des documents à l’ère de la digitalisation

Certaines phrases reviennent si souvent en fiduciaire qu’on finit presque par s’y habituer : « Pas de souci, vous avez tout chez vous. » Sur le principe, c’est vrai. Dans la réalité, beaucoup moins.

Avec la digitalisation, Peppol et les nouvelles façons de travailler, une confusion s’installe : beaucoup d’entrepreneurs pensent que le comptable conserve tout, que tout est automatiquement archivé, et que retrouver un document dans 7 ans sera forcément simple.

Spoiler : ce n’est généralement pas aussi magique.

Une règle simple… mais souvent oubliée

La conservation légale des documents comptables n’appartient pas à votre comptable. Elle appartient à l’entreprise. Donc à vous.

Pas à votre fiduciaire, pas au “cloud”, et encore moins à “l’ordinateur qui était dans l’ancien bureau”.

Et cette conservation ne se joue pas sur quelques mois : elle doit durer 10 ans. Autant dire qu’une facture retrouvée par hasard dans un carton entre deux décorations de Noël ne ressemble pas vraiment à une stratégie d’archivage robuste.

Le digital ne réduit pas l’obligation, il la transforme

Le passage au numérique ne rend pas les choses “moins obligatoires”. Il impose surtout une logique plus stricte.

Un document reçu électroniquement doit être conservé électroniquement. Une facture via Peppol doit être conservée dans son format d’origine. Une facture papier peut être conservée sur support papier ou via un scan, à condition que ce soit fait de manière organisée et fiable.

Concrètement, imprimer une facture digitale pour supprimer le fichier original est rarement une bonne idée. Compter sur “les mails quelque part” n’est pas une méthode d’archivage.

Et supposer que votre comptable garde éternellement chaque pièce envoyée en 2018 relève davantage de l’espoir que d’une procédure.

Peppol facilite les échanges, pas la conservation

Avec l’arrivée progressive de la facturation électronique structurée, beaucoup imaginent que tout sera automatiquement stocké “quelque part”.

Or, Peppol est avant tout un réseau d’échange. Pas un coffre-fort patrimonial universel, illimité et garanti sur 10 ans.

La digitalisation améliore la circulation des documents, mais elle ne supprime jamais vos responsabilités en matière de conservation. Une facture introuvable après plusieurs années reste un problème pour l’entreprise, même si elle a transité via plusieurs outils ou plateformes.

L’accompagnement BCGFi : structurer, sécuriser, pérenniser

Chez BCGFi, notre rôle est de vous accompagner pour que vos documents soient gérés de manière claire, sécurisée et cohérente. Nous ne sommes pas votre coffre-fort numérique officiel.

Nous conservons évidemment de nombreux éléments dans le cadre de nos missions et de nos obligations professionnelles, mais la responsabilité finale de conservation reste celle de l’entreprise.

Et, honnêtement, attendre un contrôle fiscal pour découvrir qu’un disque dur a lâché, qu’une boîte mail a été supprimée ou qu’un logiciel n’est plus accessible… n’est jamais le bon timing.

Le bon réflexe à adopter dès maintenant

La meilleure approche consiste à mettre en place un véritable système d’archivage, avec une organisation lisible, des sauvegardes et une logique harmonisée entre papier, PDF, Peppol et plateformes digitales.

En 2026, on ne perd plus seulement des documents à cause d’un dégât des eaux.

Parfois, il suffit simplement d’un collaborateur qui quitte l’entreprise… avec un mot de passe.

Et ça, malheureusement, Peppol ne peut pas encore y remédier.